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Cette fois l’incertitude gagne l’Italie. Les déficits italiens ne sont relativement pas élevés par rapport aux autres pays européens, mais la dette totale de 120% du PIB ne laisse aucune marge de manoeuvre. L’Italie est vulnérable à une crise de confiance et à la contagion. Pourquoi? La nervosité sur les finances publiques en Italie qui amène les investisseurs à exiger des taux d’intérêt plus élevés est une prophétie auto-réalisante: en effet, aux taux d’intérêt actuels, la dette italienne descendrait sous la barre de 100% du PIB d’ici 15 ans. Par contre, si les taux d’intérêt montent de 2% à 7.5%, la dette va croître sans cesse relativement au PIB, menant à une faillite certaine.

Il y a un air de déjà vu: en 1993, la France avait été victime de l’effet de contagion, comme l’Italie cette fois, et les taux d’intérêt ne cessaient d’augmenter, générant un cercle vicieux insoutenable. Les Européens ont donc de l’expérience avec ce phénomène.

En 1993, la solution était un repli stratégique et une dévaluation temporaire du franc afin de rétablir la confiance. Cette fois-ci cette option n’est pas disponible, à moins de faire éclater l’euro. La seule façon de combattre la contagion est de créer une union fiscale partielle, comme au Canada, et émettre des obligations européennes qui remplaceraient une partie des dettes nationales. L’Europe a-t-elle la volonté politique de faire ce grand saut? Il y va de la survie de l’euro.