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Les grandes banques centrales ont annoncé ce matin une action concertée pour faciliter le financement en gros des banques européennes qui peinent à attirer des dépôts en dollars. En effet, depuis plusieurs mois, les prêteurs américains hésitent à financer les banques européennes à cause de la crainte de faillites reliées aux montants de dettes souveraines qu’elles détiennent. Dans leur rôle de prêteur de dernier ressort, les banques centrales tentent donc de faciliter l’accès aux dollars américains en abaissant le coût d’emprunt. Voici l’annonce de la Banque du Canada ici.

Cette mesure envoie le signal aux marchés que les banques centrales sont prêtes à intervenir massivement et de façon coordonnée pour maintenir la stabilité du système financier. Ce signal est important pour le bon fonctionnement de l’économie européenne et mondiale.

Ceci dit, cette action ne règle pas le problème de la dette souveraine européenne qui demeure entier. Nouriel Roubini écrit ici ce matin dans les Financial Times que l’Italie devra restructurer sa dette car un taux d’emprunt à 7% sans croissance économique provoquera une explosion de la dette relatif au P.I.B. et est clairement insoutenable.

Néanmoins, une crise force souvent les responsables politiques à agir et les marchés semblent encouragés cette semaine par des rapports de progrès quant aux discussions sur une forme d’union monétaire et sur une possible intervention du FMI et de la Banque centrale européenne – coupures de taux d’intérêt et éventuellement des achats supplémentaires d’obligations de pays endettés lorsque des plans crédibles de redressement des finances seront en place.

La crise européenne ne sera pas résolue par les mesures d’aujourd’hui qui ne font que traiter un des symptômes (celui du financement de la dette bancaire européenne en dollars américains). Les problèmes des dettes souveraines européennes restent entiers ainsi que le problème connexe de la contraction du crédit en euros. La prochain Sommet des Chefs d’états européens le 8-9 décembre sera donc une occasion d’avancer vers des solutions durables de la crise, telles un progrès dans la voie d’une union politique et fiscale (par des contraintes budgétaires) ainsi que dans le financement des dettes souveraines en difficultés.