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On a beaucoup parlé de cette proposition de taxe sur les dépôts à Chypre. Les banques chypriotes en crise qui cherchent à se recapitaliser ne peuvent se tourner vers le gouvernement trop endetté. Celui-ci se tourne donc à son tour vers les déposants – chypriotes mais aussi russes en grand nombre – afin de trouver l’argent nécessaire pour recapitaliser les banques. On traverse ainsi le Rubicon – et crée une panique générale – en confisquant les épargnes dans les comptes bancaires, en violation des garanties sur les dépôts sous le seuil de 100,000 euros.

Cette taxe pourrait-elle être imposée au Canada ou ailleurs? En théorie oui, mais ce ne serait pas nécessaire. Chypre est dans une situation très particulière – tout comme les autres pays dans la zone Euro -, un résultat de la construction de la monnaie unique qui n’inclut pas un gouvernement central qui pourrait garantir les dépôts en dernier recours. Du fait de son adhésion à l’euro, le gouvernement chypriote ne peut se tourner vers sa banque centrale, qui pourrait imprimer l’argent requis. Il faut donc trouver une source de financement ailleurs, et la seule qui demeure sont les déposants captifs des banques – à moins que la Russie décide de protéger ses citoyens et vienne à la rescousse des banques chypriotes.

Dans l’éventualité d’une crise semblable au Canada, ou comme celle de 2008 aux États-Unis, le gouvernement central pourrait toujours se tourner vers la banque centrale s’il n’est pas capable de recapitaliser les banques lui-même.

Cependant, en imprimant l’argent nécessaire, on confisque l’argent des déposants de façon plus insidieuse, bien que plus acceptable politiquement: en diminuant leur pouvoir d’achat en créant de l’inflation.

Cette option sur l’inflation, gratuite pour les gouvernements, sera toujours préférable à l’imposition de taxes sur les dépôts bancaires, avec sa conséquence sur le désordre dans la rue.

Pour cette raison, en cas de menaces sur les banques, des alternatives aux dépôts bancaires, tel l’or, sont en demande. Ces alternatives protègent contre des pertes directes sur les dépôts – causées par des défauts ou impôts -, et protègent aussi contre des contrôles de capitaux qui empêcheraient de récupérer son argent, et bien sûr contre des pertes de pouvoir d’achat.